Mondo

Le MONDO    questions-réponses

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Le MONDO, c’est le moment des questions-réponses, à savoir question de l’élève au maître et réponse de ce dernier, avant le REISHIKI du début de cours. Les habits et la vie civile au vestiaire, la tenue blanche de l’« esprit du débutant » revêtue (SHOSHIN), on s’accorde un second instant de pause plus long, le temps d’un « lâcher-prise » plus profond sur notre vie extérieure et nos petits soucis. C’est un second sas après le vestiaire (DATSUISHO), avant d’aller s’adonner à la pratique technique de notre art.
Si l'on y regarde de plus près, MONDO signifie littéralement "question-reponse" :
grand    mondo_2
 
En effet :

    Ce concept vient du Bouddhisme où le MONDO est une forme de dialogue entre le SENSEI (maître) et les disciples.
Il ne s’agit pas d’une libre discussion mais d’un thème précis et le jeu des questions-réponses doit aboutir à une attitude faite de concentration et d’harmonie pouvant amener à de « petits SATORI » (éveil, illumination) sur des notions de la pratique martiale et de la vie. C’est la « leçon d’éveil » du jour. Pour ce faire, on apprend à s’asseoir, à se tenir assis, et non pas vautré sur notre ZAFU (littéralement, aide à l’assise) ou notre « brique » tapissée.

    Le MONDO est la phase la plus délicate d’un cours. Ici, le SENSEI, l’ « EVEILLEUR » a une grande responsabilité : il doit donner forme au corps et à l’esprit du disciple, en le forgeant comme un forgeron qui « extrait » la plus belle lame de la matière qu’il a à sa disposition, que celle-ci soit bonne ou mauvaise. Le jeune pratiquant, le débutant disciple comme l’ancien, a besoin de l’ « éveilleur » qui lui enseigne son visage originel (l’être authentique et non le paraître) et surtout, il doit lui apprendre à se comporter comme tel. De nos jours, il n’est pas difficile de trouver des « petits maîtres », mais il est assez rare de trouver le HANSHI, le SENSEI, l’« éveilleur », qui dès le départ vous obligera à prendre la décision de vous engager envers vous-même et à ouvrir votre Être véritable.

    L’éducation vise justement à faire apparaître ce visage (en latin, ex-educare signifiant tirer dehors, extraire). On peut croire que l’éducation, c’est la formation des autres, au moyen de méthodes et de connaissances établies. Mais si on a acquis quelques expériences en ce domaine, on s’aperçoit qu’on ne peut éduquer ou changer que soi-même. On se rend compte que l’éducation/dressage ne change que des comportements extérieurs et contrôlables, jamais le cœur (KOKORO), l’esprit (SHIN) des personnes, pour la simple raison que ce niveau-là n’a pas encore été atteint par les instructeurs (RENSHI, KYOSHI) eux-mêmes. Mais je ne parle justement pas d’instruction, de la somme de connaissances apprises par les lectures ou le verbiage technique sur les KAJO, qui peut toujours se transvaser d’un cerveau à un autre. Je parle d’éducation, du passage d’un état de conscience à un autre, d’une phase de compréhension à une autre, d’une attitude fondamentale à une autre. Je parle non pas de formation, mais de transformation de l’Être à travers la pratique vraie.


Pratiquer les KAJO, c’est faire les KAJO et non pas discuter de KAJO. S’éduquer aux KAJO, c’est pratiquer le fond.
Pour recevoir leur enseignement, il faut rester dans les fondamentaux en restant ouvert ( SHOSHIN). L’essence du mouvement, « sa substantifique moelle » est dans le fond et non la forme. Déformer le fond pour effectuer un simulacre d’attaque, un spasme égotique dépourvu d’intensité, voulant simuler un réel, voilà un acte traduisant le peu de disponibilité d’un pratiquant. Ce paraître, qui d’ailleurs n’échappe et ne trompe personne dans le DOJO, éloigne le pratiquant de son Être véritable.

    Si vous n’acceptez pas de rester dans les KAMAE (structure), si vous n’accueillez les difficultés que cela apporte,les corrections que cela comporte, vous ne pourrez recevoir les dons des KAJO. Toutes les choses, tous les bienfaits que vous souhaitez, sur le plan physique, technique ou spirituel, toutes ces choses désirables ne vous viendront que dans la mesure où vous êtes ouvert et réceptif (SHOSHIN) à ces choses élémentaires, dans la mesure où vous n’êtes pas possessif ou fermé par le doute ou la peur.

   

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Seule la personne qui s’accepte comme étant en croissance, comme changeante, comme progressant et qui apprend les leçons à chaque cours, est en mesure de comprendre les autres, en épousant chez eux le même mouvement (AÏKI, WA). Si l’adulte, qui se propose de leur enseigner, n’accepte pas de se tromper et d’apprendre, s’il pense devoir présenter une image impas Seule la personne qui s’accepte comme étant en croissance, comme changeante, comme progressant et qui apprend les leçons à chaque cours, est en mesure de comprendre les autres, en épousant chez eux le même mouvement (AÏKI, WA). Si l’adulte, qui se propose de leur enseigner, n’accepte pas de se tromper et d’apprendre, s’il pense devoir présenter une image impassible, invulnérable, s’il a peur de pleurer, de se montrer tel qu’il est, d’être imparfait, incomplet et blessé, il n’enseigne pas. Car il refuse la croissance. Il a peur d’être en mouvement, de quitter l’acquis pour l’aventure au sein du KAJO fondamental, le passé pour l’inconnu.

    En fait, on « (s’)éveille », on (s’)enseigne dans la mesure où on apprend. Et si on apprend, on enseigne toujours : on enseigne par son attitude lors du KAJO, par la parole donnée lors du MONDO. Le véritable professeur ( SENSEI) éveilleur enseigne par l’attitude de celui en croissance, ouvert au monde, souple, vulnérable, faillible. On enseigne dans la mesure où on est réceptif, car alors on permet à l’autre de sortir de lui-même (ex-educare), de s’épanouir, de croître.

     "Plus je suis accueillant et réceptif à la vie, plus la vie entre à plein courant. Les personnes qui reçoivent sont celles qui sont réceptives. Les personnes qui ne reçoivent pas, sont celles qui ne sont pas réceptives. Elles sont déjà pleines d’elles-mêmes, elles n’ont de place pour rien d’autre. C’est un peu comme cet intellectuel qui vient rendre visite à un sage. Celui-ci verse du thé et continue de verser jusqu’à ce que la tasse déborde et le thé se répand sur le parquet. L’intellectuel alors s’écrie : « Arrêtez, ma tasse est déjà pleine ! » - « Justement, lui répond le sage, tu es trop plein de connaissance, tu ne peux plus rien recevoir. ».

Les dons, les bienfaits de la vie, ne se montrent pas toujours sous leur vrai jour. Souvent, ils sont cachés derrière une grisaille, une platitude, une épreuve ou une difficulté. Les choses offensantes ne le sont que parce que nous tenons trop à ce que la vie satisfasse nos attentes, parce que nous avons un modèle arrêté, un plan décidé quant à la façon de faire, à la manière dont la vie doit se dérouler pour nous. Et à ce moment là, tout va contre nous, non pas parce que ce sont les choses qui veulent offenser, mais parce que notre attitude de refus, de durcissement, de raideur, notre fin de non-recevoir transforme tout en ennemi, en blessure, en chose détestable et repoussante.

     C’est moi qui, par mon attitude d’accueil et de réceptivité (ou de fermeture), permets à la vie (ou l’empêche) d’entrer avec tous ses dons. En étant réceptif, je reçois tout ce que la vie promet, tout ce qui me revient, tout ce qu’il me faut pour poursuivre mon chemin dans la paix et l’abondance. Je puis demander ce que je veux à la vie, mais seulement à la condition que j’accueille tout ce qu’elle m’enverra. Accepter la vie, c’est recevoir ses dons. On souffre par le refus qu’on oppose, et on cesse de souffrir quand on dit oui à la vie.

sible, invulnérable, s’il a peur de pleurer, de se montrer tel qu’il est, d’être imparfait, incomplet et blessé, il n’enseigne pas. Car il refuse la croissance. Il a peur d’être en mouvement, de quitter l’acquis pour l’aventure au sein du KAJO fondamental, le passé pour l’inconnu.

    En fait, on « (s’)éveille », on (s’)enseigne dans la mesure où on apprend. Et si on apprend, on enseigne toujours : on enseigne par son attitude lors du KAJO, par la parole donnée lors du MONDO. Le véritable professeur ( SENSEI) éveilleur enseigne par l’attitude de celui en croissance, ouvert au monde, souple, vulnérable, faillible. On enseigne dans la mesure où on est réceptif, car alors on permet à l’autre de sortir de lui-même (ex-educare), de s’épanouir, de croître.
  "Plus je suis accueillant et réceptif à la vie, plus la vie entre à plein courant. Les personnes qui reçoivent sont celles qui sont réceptives. Les personnes qui ne reçoivent pas, sont celles qui ne sont pas réceptives. Elles sont déjà pleines d’elles-mêmes, elles n’ont de place pour rien d’autre. C’est un peu comme cet intellectuel qui vient rendre visite à un sage. Celui-ci verse du thé et continue de verser jusqu’à ce que la tasse déborde et le thé se répand sur le parquet. L’intellectuel alors s’écrie : « Arrêtez, ma tasse est déjà pleine ! » - « Justement, lui répond le sage, tu es trop plein de connaissance, tu ne peux plus rien recevoir. ».

     Les dons, les bienfaits de la vie, ne se montrent pas toujours sous leur vrai jour. Souvent, ils sont cachés derrière une grisaille, une platitude, une épreuve ou une difficulté. Les choses offensantes ne le sont que parce que nous tenons trop à ce que la vie satisfasse nos attentes, parce que nous avons un modèle arrêté, un plan décidé quant à la façon de faire, à la manière dont la vie doit se dérouler pour nous. Et à ce moment là, tout va contre nous, non
pas parce que ce sont les choses qui veulent offenser, mais parce que notre attitude de refus, de durcissement, de raideur, notre fin de non-recevoir transforme tout en ennemi, en blessure, en chose détestable et repoussante.

     C’est moi qui, par mon attitude d’accueil et de réceptivité (ou de fermeture), permets à la vie (ou l’empêche) d’entrer avec tous ses dons. En étant réceptif, je reçois tout ce que la vie promet, tout ce qui me revient, tout ce qu’il me faut pour poursuivre mon chemin dans la paix et l’abondance. Je puis demander ce que je veux à la vie, mais seulement à la condition que j’accueille tout ce qu’elle m’enverra. Accepter la vie, c’est recevoir ses dons. On souffre par le refus qu’on oppose, et on cesse de souffrir quand on dit oui à la vie.

Pour certaines personnes, surtout parmi les hommes qui ont passé leur temps à aider les autres, à pourvoir aux besoins d’autrui, à nourrir, à contrôler, à être en charge, il est difficile d’accepter de recevoir, surtout quand elles ont été brûlés par la vie, qu’on les a trompées, qu’on a abusé d’elles, qu’on les a manipulées. Il faut alors un renversement radical si on veut ouvrir son cœur. On a été tellement blessé qu’on se referme. On n’est plus vulnérable, parce que cela fait trop mal. On ne veut pas recevoir des choses, on ne veut pas qu’on nous embrasse, qu’on nous prodigue de la tendresse, et on soupçonne que tout don est un piège, un attrape-nigaud, une forme de chantage voilé. Il nous faudra retrouver la simplicité de l’enfant, au-delà de notre expérience de déception, de doute et de méfiance. Il faudra retrouver le oui initial de l’enfant qui est toujours en nous.

     Pour rester vivant, pour rester dans la tendresse, il faut accepter de rester vulnérable, de garder la blessure ouverte. C’est cela qui permet d’atteindre le cœur. C’est par la blessure que la vie peut entrer sans restriction. Lorsque l’ « éveilleur » devient pour vous un important point de référence, que vous avez trouvé en lui un ami précieux, il commence à vous éduquer. C’est ici que commencent les problèmes et, pour l’« éveilleur », un travail ingrat. C’est son devoir de ne pas vous complimenter si tout va bien, tout au plus il vous concédera un silence, difficile à interpréter. L’ « EVEILLEUR » inverse tout sous vos yeux ; il transformera le mal en bien et le bien en mal, il brouille les cartes, ne laisse place à aucun appui, à rien qui vous rassure. Il ne permet jamais que vous vous arrêtiez quelque part, encore moins quand vous désirez faire marche arrière. Du reste, même si vous cherchez à fuir, vous êtes en train d’apprendre à vivre les choses à partir de l’origine, de la source, « avant » toute excuse ou justification possible, et vous découvrez un goût subtil.

Il ne répond jamais selon vos attentes. A certains moments, vous aurez l’impression d’avoir à faire à un être irraisonnable,un fou. Derrière l’apparente dureté, l’ «  Il ne répond jamais selon vos attentes. A certains moments, vous aurez l’impression d’avoir à faire à un être irraisonnable,un fou. Derrière l’apparente dureté, l’ « EVEILLEUR » travaille continuellement en faveur du débutant, ou disciple, il le pousse là où il croit qu’il n’est pas capable d’aller tout seul, le ramène en arrière lorsqu’il exagère, le soutient en cachette lorsqu’il
est sur le point de tomber. Le SENSEI ne se fatigue pas de faire cela : c’est lui qui est complètement au service du débutant-disciple (KOHAÏ).

  Ainsi, jour après jour, à travers la dévotion du débutant-disciple (dans ce mot dévotion, il faut entendre le dévouement à soi en premier, et aux autres ensuite), et la patience de l’« éveilleur », c’est une communication profonde qui s’établit entre eux, un passage direct et pré-réflexif de la conscience, jusqu’au moment de la fameuse rencontre. Il y a une grande confiance qui est à la base de ce rapport : tous deux travaillent ensemble, l’« éveilleur » est simplement en train de vous rappeler qui vous êtes réellement. Il a confiance dans votre véritable nature, c’est pourquoi il peut se permettre de vous pousser et de vous exhorter. Bien plus encore, vous sentez que l’« EVEILLEUR » vous aide à découvrir le Maître qui est en vous.  

  Lorsque vous avez compris ceci, vous avez trouvé le maître qui est en vous et à partir de là, ce maître commence à fonctionner vraiment. Vous êtes maintenant prêt à traverser n’importe quelle difficulté, parce que vous avez compris que vous pouvez continuer quelque soit la difficulté. Vous avez appris à ne pas vous attacher et à ne rien exclure, ni les choses faciles, ni celles difficiles, et sans vous en rendre compte, vous êtes devenu un véritable BUGEISHA adulte. EVEILLEUR » travaille continuellement en faveur du débutant, ou disciple, il le pousse là où il croit qu’il n’est pas capable d’aller tout seul, le ramène en arrière lorsqu’il exagère, le soutient en cachette lorsqu’il est sur le point de tomber. Le SENSEI ne se fatigue pas de faire cela : c’est lui qui est complètement au service du débutant-disciple (KOHAÏ).
Ainsi, jour après jour, à travers la dévotion du débutant-disciple (dans ce mot dévotion, il faut entendre le dévouement à soi en premier, et aux autres ensuite), et la patience de l’« éveilleur », c’est une communication profonde qui s’établit entre eux, un passage direct et pré-réflexif de la conscience, jusqu’au moment de la fameuse rencontre. Il y a une grande confiance qui est à la base de ce rapport : tous deux travaillent ensemble, l’« éveilleur » est simplement en train de vous rappeler qui vous êtes réellement. Il a confiance dans votre véritable nature, c’est pourquoi il peut se permettre de vous pousser et de vous exhorter. Bien plus encore, vous sentez que l’« EVEILLEUR » vous aide à découvrir le Maître qui est en vous.  

  Lorsque vous avez compris ceci, vous avez trouvé le maître qui est en vous et à partir de là, ce maître commence à fonctionner vraiment. Vous êtes maintenant prêt à traverser n’importe quelle difficulté, parce que vous avez compris que vous pouvez continuer quelque soit la difficulté. Vous avez appris à ne pas vous attacher et à ne rien exclure, ni les choses faciles, ni celles difficiles, et sans vous en rendre compte, vous êtes devenu un véritable BUGEISHA adulte.

« Quand on manque d’éducation, il n’y paraît jamais tant que lorsqu’on veut en montrer » MONTESQUIEU
« Oserais-je exposer ici la plus importante, la plus utile règle de toute éducation ? Ce n’est pas de gagner du temps, c’est d’en perdre » JEAN-JACQUES ROUSSEAU